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Bible et nature dans le roman Les Innocents d'assaf Gavron

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Tsafon Revue d'études juives du Nord Varia Bible et nature dans le roman Les Innocents d'assaf Gavron Édition électronique URL : DOI : /tsafon.362
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Tsafon Revue d'études juives du Nord Varia Bible et nature dans le roman Les Innocents d'assaf Gavron Édition électronique URL : DOI : /tsafon.362 ISSN : Éditeur Association Jean-Marie Delmaire Édition imprimée Date de publication : 1 décembre 2016 Pagination : ISSN : Référence électronique, «Bible et nature», Tsafon [En ligne], , mis en ligne le 31 mai 2018, consulté le 19 avril URL : journals.openedition.org/tsafon/362 ; DOI : /tsafon.362 Tsafon. Revues d'études juives du Nord Tsafon 72 : Bible et nature Bible et nature * Un roman israélien paraît en 2013 et, à double titre, c'est un événement dans la littérature israélienne contemporaine. Il n'adopte pas le ton dépressif, habituel dans la récente littérature hébraïque, et ne fait pas des tentatives expérimentales stylistiques afin d'innover. Son ton est délibérément réaliste : il peint une fresque documentée à la manière de Zola, mais loin d'être polémique, doloriste ou grinçant, il observe d'un regard tendre et amusé ce petit monde que la littérature a jusqu'à présent négligé. De manière inhabituelle, il décrit la vie dans une implantation juive des rives du Jourdain, une de ces «colonies» sauvages tellement contestées, à contrecourant de la bien pensance internationale, à contrecourant même de sa propre sensibilité politique. Ce roman, Les Innocents (Paris, éd. Rivages, 2014, trad. Laurent Cohen), est un gros livre de 650 pages, paru en hébreu en Israël (Tel- Aviv, Yediot Aharonot, 2013) sous le titre Hagiva, La Colline, titre sans doute plus représentatif de l'enjeu de l'intrigue et de la puissance d'évocation que représente, pour ces implantés religieux, cette colline incomparable qu'ils sont incapables de quitter. C'est ainsi que se trouvent inextricablement mêlés le thème de la Bible, de la religion vécue au quotidien et le thème de la Nature et de la Terre d'israël qu'ils se sentent légitimes d'occuper. C'est ce lien intime entre ces deux thèmes que nous explorons ici, mais ce roman foisonnant aurait pu offrir bien d'autres pistes d'exploration (la représentation de l'inefficacité des autorités israéliennes, l'humour et l'ironie de l'auteur, la stratégie narrative «à l'américaine», le conflit israélo-palestinien etc.). * Université Charles de Gaulle Lille 3. 65 I Un roman original Définition des termes Sans doute, faut-il d'emblée revenir sur ce que nous entendons ici par «Bible» et «Nature». L'intrigue se déroulant en Terre d'israël (Eretz Israel) parmi des personnages tous juifs, le mot «Bible» est entendu ici par ce qu'il est d'usage d'appeler l'ancien Testament, et nous élargirons l'étude à l'ensemble des pratiques religieuses qui en sont indissociables. Quant au mot «Nature», c'est un terme plus difficile à définir. Si pour le monde moderne, il renvoie presque spontanément au monde «extérieur», le monde physique qui fait l'environnement (minéral, végétal et animal) de l'homme, en hébreu moderne ce mot tev'a, nature 1, ne se rencontre pas dans la Bible, ni même dans la Mishna, du moins pas dans ce sens (en hébreu biblique, c'est un terme qui évoque l'idée de laisser une marque). Passant par l'idée d'une effigie frappée sur une monnaie (comme Adam façonné à l'image de Dieu), et donc de désigner la nature de l'homme, la racine [TB'] ne se retrouvera qu'aux XI e -XII e siècles dans le sens moderne de «nature des choses» sous la plume de Juda Halévi. Par ailleurs, notre conception de la nature est héritée de la culture gréco-romaine où les termes phusis et natura renvoient à l'idée de «pousser» (grec) ou de «naître» (latin). Progressivement, le terme hébreu tev'a s'est approprié le sens grec de phusis. Aussi établir des équivalences entre notre conception de la nature et celle du texte biblique présente une certaine difficulté. En effet, dans la Bible, ce qui se rapproche le plus de cette notion, c'est la Création, telle qu'elle est décrite dans le livre de la Genèse, et contenant donc tout ce qui est créé (ciel, terre, astres, végétaux, animaux). Cependant la Bible n'utilise jamais les termes traduits habituellement en français par «Créateur» et «créatures», elle les nomme par leur nom ou utilise les termes génériques [basar] chair et [ma'asim] œuvres. Du reste, le roman n'emploie quasiment pas ce mot, mais, comme la Bible, préfère nommer les éléments (champs, collines, paysages, soleil). C'est nous qui avons choisi ce terme générique, le trouvant assez pratique, tout en connaissant les problèmes de fond qu'il soulève et qui nous dépassent. C'est pourquoi, sans nous y appesantir davantage nous travaillerons en estimant qu'il y a 1 Ces considérations sont tirées de l'article de Jean-Georges Kahn : «Brève histoire de l'idée de nature dans la pensée juive», site du Judaïsme d'alsace et de Lorraine, 66 Tsafon 72 : Bible et nature équivalence entre Création et Nature et donc que la notion sera élargie au cosmos (éléments, astres etc.). L'étude s'appuie principalement sur les deux personnages centraux du roman : Othniel Assis, responsable de l'implantation, et Gaby Nehoustan. L'auteur : Assaf Gavron (né en 1968) Assaf Gavron est né à Arad dans une famille d'immigrants anglais (son père était journaliste et sa mère enseignante) et il grandit à Motza Illit, près de Jérusalem. Il poursuit des études supérieures en communication à Londres, puis à Vancouver. Ensuite, il travaille comme journaliste en Israël, comme enseignant d'écriture créative à l'université de Bar Ilan, puis comme producteur. Après avoir vécu avec sa famille à Tel-Aviv, il s'est installé depuis quelques années aux États-Unis, dans le Nebraska, où il enseigne la littérature israélienne à l'université d'omaha. C'est un intellectuel de gauche très polyvalent, écrivain, créateur de jeux informatiques, capitaine de l'équipe nationale de football israélienne, traducteur en hébreu de romans anglo-saxons (Jonathan Safran Foer, Salinger, Philip Roth, Rowling etc.) ; actuellement, il traduit pour Nathalie Portman le scénario d'une Histoire d'amour et de ténèbres d'après le roman d'amos Oz. Il est aussi chanteur et compositeur de chansons, faisant partie du groupe «La bouche et les sabots». C'est donc une personnalité très riche qui aime explorer de nombreux domaines. Les Innocents est son cinquième roman et sa septième œuvre ; il a passé cinq ans à y travailler. Un seul autre de ses romans a été traduit en français : Crock attack (Tel-Aviv, 2006) qui a reçu le prix Courrier international. Il y alternait les chapitres ayant pour locuteurs un Israélien échappant aux attentats terroristes et un jeune Palestinien apparenté au réseau terroriste. Ses autres oeuvres sont : - Ice, Tel-Aviv, Gvanim, Min babayit ha'almin (Sexe au cimetière), nouvelles, Tel-Aviv, zmora-bitan, Moving (Déplacement), Tel Aviv, Zmora-Bitan, Hydromania, Tel-Aviv, Zmora-Bitan, Ukhal ba'amidah (Manger debout), Jérusalem, Ouganda, 2009 Récemment, il a publié avec son ami Edgar Keret Tel-Aviv noir, des nouvelles, Kinneret Zamora-Pavilion, Les Innocents a été traduit dans une dizaine de langues. Accueilli en Israël comme un grand roman national, car il est une des premières fictions à traiter d'un problème aussi épineux, il est un best seller en Israël et il y a été couronné par le Prix Bernstein. Mais il a reçu en France un accueil assez froid à cause du choix de l'auteur de ne pas diaboliser les implantés (qu'on appelle «colons» en France). Quoique de sensibilité politique différente et apparemment peu religieux, afin de connaître de l'intérieur le mode de vie et la sensibilité des habitants, il a mené, pour rédiger son roman, une longue enquête, se rendant pendant cinq ans chaque week-end dans l'implantation de Tekoa Dalet, près de Gush Etzion, à une dizaine de kilomètres au sud de Bethléem, au pied de l'hérodion ; une implantation créée en 2001, après le début de la seconde Intifada, et peuplée de juifs à kippa tricotée. Modérée par rapport à certaines implantations de Samarie, celle-ci est pourtant considérée comme un avant-poste illégal et a été détruite par l'administration israélienne en mai 2015, sur une décision du ministre de la Défense, comme l'implantation du roman. Puis, pour prendre de la distance, Assaf Gavron a rédigé la plus grande partie du roman à Berlin. Plein d'ironie et d'humour, son livre ne désire que rendre la lecture passionnante. Il se défend d'avoir voulu faire une œuvre polémique ou satirique, ni à l'encontre de l'administration israélienne, ni à l'encontre des implantés. Pour lui, la fiction a pour fonction de montrer la profondeur et la complexité des situations et des caractères, d'entrer dans la tête de personnages totalement différents afin de comprendre leur personnalité et d'être en empathie avec eux. Les Innocents Le roman se déroule sur une durée de cinq ans. Plus exactement, on suit la vie des implantés pendant un an car après le Prologue, qui évoque le choix du lieu et l'installation d'othniel Assis, la première partie du roman contient dans son titre la mention : «Quatre ans plus tard». Quatre ans plus tard en effet, l'exploitation agricole initiale, plus ou moins tolérée, est devenue un îlot de peuplement (qui n'abrite cependant qu'une quinzaine d'habitants). C'est donc la vie de ces habitants qui est racontée, avec leurs tourments, les problèmes d'alimentation en électricité, et surtout les démêlés avec l'administration israélienne et la résistance aux tentatives d'expulsion. Le récit est centré, outre sur le responsable de l'implantation, Othniel Assis, sur deux frères, Gaby Nehoustan et Rony Cooper, qui représentent deux types d'israéliens bien 68 Tsafon 72 : Bible et nature contrastés : Gaby, le religieux, disciple de Rabbi Nahman de Bratslav, solitaire et contemplatif ; Rony, l'israélien moderne et agnostique, toujours prêt à se lancer dans des entreprises hasardeuses, incapable de comprendre son frère. Le roman présente une structure complexe, car la linéarité narrative est interrompue à plusieurs reprises par des analepses concernant le passé des frères. Le schéma de cette construction doit sans doute son inspiration au roman américain, Assaf Gavron ne cachant pas cette influence, en particulier celle de Jonathan Franzen qu'il considère comme un maître en écriture romanesque, avec Freedom 2. La structure du roman est la suivante : - Prologue : installation d'othniel Assis sur une colline près du Jourdain, à proximité du village arabe de Harmish. - Première partie : «Les trois qui arrivèrent à la mi-journée. Quatre ans plus tard». Nous assistons à des visites d'officiels américains venus inaugurer une aire de jeux qu'ils ont financée et à une manifestation de gauchistes contre l'implantation, cependant que Rony, de retour des États-Unis, débarque chez son frère, et que l'épisode se termine par la célébration du shabbat. - Deuxième partie : «Coupure d'électricité cérébrale». Première analepse : retour sur l'enfance tourmentée de Gaby, enfant solitaire et souffre-douleur, sur la mort accidentelle de ses parents, la vie au kibboutz, sa fugue et ses mésaventures à l'armée, tandis que son frère Rony réussit tout. - Troisième partie : «Chaudes journées». Retour à l'implantation où nous assistons à des transactions entre Rony et un paysan arabe, Moussa, pour commercialiser de l'huile «bio» dans les magasins de Tel-Aviv ; à une naissance, à la construction par Gaby de son tzimer (cabane), à la vie quotidienne dans l'implantation, à la découverte de pièces anciennes dans une grotte, à la tentative par l'armée d'installer une ligne de démarcation, au scandale fait par la publication d'un article américain dénonçant l'implantation, à l'évasion d'un adolescent dans le monde virtuel d'internet, à la transaction sur l'huile faite par Moussa avec des Japonais (et non avec Rony) et surtout, à la décision ferme du ministre de la 2 Jonathan Franzen, Freedom, Paris, éd. de l'olivier, 2011, énorme roman mettant en scène des personnages assez déjantés de la classe moyenne, et nous faisant circuler dans un labyrinthe d'analepses qui rompent la continuité narrative mais qui permettent de sonder toute l'histoire des personnages et toute la complexité de leur psychologie. 69 Défense d'évacuer l'implantation, scène restituée avec le plus grand comique. - Quatrième partie : «Se nourrir de charognes». Deuxième analepse, sur les traces des frères partis successivement aux États-Unis : Gaby comme dérivatif, où il travaille dans une entreprise qui récolte des fonds auprès de riches Américains pour les envoyer en Israël, et où il se marie ; Rony pour se lancer dans une carrière de trader qui se terminera très mal pour lui, à cause de placements imprudents, raison pour laquelle il vient se réfugier dans l'implantation. Échec total du mariage de Gaby et de l'éducation de son fils dont il se chargeait ; sa rencontre avec des religieux qui le réconfortent et le convertissent décide de sa future orientation. - Cinquième partie : «Retour à la base». Alors que l'adolescent prend conscience de son erreur à propos du monde virtuel dans lequel il s'est réfugié, la vie dans l'implantation se complique avec des suspicions sur un indicateur, tandis que Yoni, le soldat éthiopien, tente de séduire la jolie jeune fille d'othniel et que Nir Rivlin, pourtant marié, en rêve également. Une fois de plus, le générateur électrique tombe en panne, mais alors qu'on vient leur installer une alimentation électrique permanente (décision du ministère de l'équipement) à l'occasion de Pourim, les troupes se mettent en place pour faire évacuer l'implantation alors que tous ses habitants sont en fête, déguisés, chantant, dansant. Suite à une ruse imaginée par Othniel, une espèce d'émeute mettant en scène les implantés confrontés aux Arabes du village voisin sur fond farcesque de Pourim, l'armée renonce. - Le dernier chapitre célèbre avec lyrisme la permanence de la vie sur la colline. Il s'agit donc d'un roman foisonnant qui brasse à la fois le quotidien de juifs religieux d'origines diverses (ashkénazes, marranes, sabras), isolés dans les collines où ils ont fait le choix de vivre, et leurs démêlés avec les autorités dont le manque de coordination permet à l'implantation de persister, en dépit des pressions internationales et du rôle des journalistes. Il s'agit aussi des relations avec les Arabes voisins, du contraste avec la vie à Tel-Aviv, des tentatives de réussir aux États-Unis, mais aussi des expériences sentimentales des jeunes ou moins jeunes. Nous pourrions aborder l'étude de ce texte à travers de nombreux aspects de la vie israélienne, sans compter avec la variété de son style, passant du descriptif au narratif insérant des dialogues, passant du lyrisme au comique, du pathétique à l'ironie, du grandiose au mesquin. 70 Tsafon 72 : Bible et nature Cependant nous avons choisi de nous centrer sur l'articulation particulière entre la fascination pour la nature et l'esprit religieux des protagonistes. II La colline, la nature et la Bible La colline, objet de fascination pour tous Dans de nombreux chapitres consacrés à l'implantation, le narrateur évoque la nature qui l'environne. C'est un lieu qui frappe par sa beauté, c'est donc un cadre magnifique que l'on tient à préserver et à ménager ; mais c'est surtout un personnage du roman, et les nombreuses personnifications intensifient sa forte présence pour les habitants. Dès le début du roman, nous voyons le héros parcourir les collines et choisir le lieu où il s'installera : Il traversa des rivières, visita des grottes, grimpa au sommet des collines avoisinantes, puis déboucha sur un terrain vaste et plat, qui n'était ni encombré par les oliviers de Harmish, le village d'à côté, ni trop rocheux. «C est ici, dit-il, que je délimiterai mes champs». (12, 15) 3 Un choix qui s'impose à lui : une terre vierge, qui alimente tous ses rêves de vie naturelle, authentique, pionnière car «il aimait cette colline et ces vents et ce paysage antique» (14, 17). C'est le même sentiment qu'éprouve Gaby lorsqu'il décide d'édifier son tzimer légèrement à l'écart : Il se sentait chanceux. Il n'était jamais rassasié du paysage, des collines marron transparentes et des monts d'edom. L'endroit à vrai dire était à couper le souffle. (181, 126) Ce sentiment est partagé non seulement par les habitants de l'implantation : «La nature est superbe ici, dit Nahoum en contemplant la nuit noire» ( 246, 168), mais aussi par les visiteurs, et même les forces de l'ordre qui tentent de faire appliquer les décisions d'évacuation : Avec tout le respect que j'ai pour ce beau paysage, répondit le général de brigade, nous parlons d'un point stratégique. ( 251, 172) 3 Les chiffres qui suivent les citations renvoient, pour le premier, aux pages de l édition en français et, pour le second, aux pages de l édition en hébreu. 71 La beauté du paysage exerce une sorte de fascination, elle impose le respect et le désir instinctif de la respecter, de la préserver. C'est ce que fait Gaby lorsqu'il construit son tzimer : Gaby fit de son mieux pour harmoniser sa cabane au paysage fantastique, pour abonder dans son sens, et ne pas le blesser. (182, 126) C'est pourquoi, l'intrusion de l'homme au sein de ce paysage grandiose est perçu comme une agression, une blessure : Colline. La terre est claire, silencieuse, presque vide : un jaune-marron lardé de rochers, d'oliviers solitaires, et de taches qui forment une couverture d'un vert tendre d'après la pluie. Une route à sens unique, étroite et cabossée, éventrait le centre de la colline. (25, 25) Déjà, derrière l'opposition entre la douce «couverture vert tendre» de l'herbe qui semble la préserver comme un enfant et la route qui l'éventre, nous repérons une personnification qui revient à de nombreuses reprises au fil du roman, les collines étant vues comme une femme pudique car elles «se drapaient du voile verdâtre de l'oseille, à la plus grande joie des chèvres et des moutons, toutes nationalités confondues» (189, 131). C'est une nature généreuse puisqu'elle nourrit, comme le suggère avec humour le narrateur, le bétail tant israélien que palestinien, cela semblant lui être bien indifférent, une nature bienveillante envers les animaux, une nature habitée puisqu'à la fraîcheur retrouvée de la nuit on pouvait en effet «entendre les grenouilles coasser, les stridulations des sauterelles, le sifflement des grillons» (51, 41). On appréciera ici le rythme ternaire qui renforce cette impression de perfection de l'environnement dont bénéficient les habitants de l'implantation, son caractère vivant, «habité», et l'on conçoit que les implantés se sentent tout à fait à l'unisson avec la Nature. Cette impression de vie est renforcée par les personnifications utilisées par l'auteur. La nature a bien une vie propre qui semble se communiquer aux habitants, à moins que ce ne soit un fait de description symbolique et l'effet d'une projection de l'état des humains, assommés par l'intensité du soleil, sur la nature : Un soleil chauffé à blanc surplombait les montagnes somnambules. (189, 131) Il en va de même pendant l'hiver : 72 Tsafon 72 : Bible et nature Le froid se posa sur la colline pendant la nuit et, au matin, le gel scintillait entre les mottes de terre, sur les outils, les cactus [ ] Le jour ouvrit les yeux sur un large bâillement, et de très longues heures s'écoulèrent avant qu'il ne se défasse du froid. (619, 409) Ce mélange qui fait alterner les éléments naturels et le bric-à-brac des habitants serait-il le reflet d'une symbiose particulièrement réussie entre les habitants et le paysage? Peut-être, mais sans doute aussi l'auteur tient-il à montrer que le paysage, que la colline est un véritable personnage dans le roman, et c'est certainement pour cela qu'il avait donné ce titre La Colline à son œuvre. Il va plus loin encore en prêtant aux éléments une personnalité joueuse et indépendante, qui refuse de se plier à la volonté des hommes : En hiver, il y a de si belles journées que même les nuits les plus froides s'adoucissent, et qu'on en oublie la rudesse. Un soleil effronté, railleur, souriait au dessus de la collin
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