of 4

Caroline LE MAO DOSSIER D'HABILITATION À DIRIGER DES RECHERCHES Servir le Roi et s'en servir : regards sur les Français du XVII e siècle Mémoire original : Les Fournisseurs de la Royale au temps de la guerre de la Ligue d&

4 views
All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Share
Description
RÉSUMÉ Le présent dossier, constitué en vue de l'obtention d'une habilitation à diriger des recherches en histoire moderne, a été préparé sous la supervision du professeur Michel Figeac, de l'université Bordeaux Montaigne. Intitulé Servir
Tags
Transcript
  Caroline LE MAO D OSSIER D ’ HABILITATION À DIRIGER DES RECHERCHES EN HISTOIRE MODERNE   Université Bordeaux Montaigne Samedi 2 décembre 2017 à 09 heures, Maison de la Recherche Servir le Roi et s’en servir  : regards sur les Français du XVII e  siècle Mémoire srcinal : Les Fournisseurs de la Royale au temps de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697)  Jury : M. le Professeur Olivier CHALINE, Université de Paris-Sorbonne, M. le Professeur Laurent COSTE, Université Bordeaux Montaigne, M. le Professeur Michel FIGEAC, Université Bordeaux Montaigne, garant Mme la Professeure Amélia POLONIA, Université de Porto, M. le Professeur Pierrick POURCHASSE, Université de Bretagne Occidentale, M. le Recteur Jean- Pierre POUSSOU, Professeur émérite à l’Université de Paris -Sorbonne, M. le Professeur Guy ROWLANDS, Université de Saint-Andrews. R  ÉSUMÉ   Le présent dossier, constitué en vue de l ’ obtention d'une habilitation à diriger des recherches en histoire moderne, a été préparé sous la supervision du professeur Michel Figeac, de l ’ université Bordeaux Montaigne. Intitulé Servir le Roi et s  ’  en servir. Regards sur les Français du XVIIe siècle  , il se compose : -   D ’ un mémoire inédit, intitulé Les fournisseurs de la Royale au temps de la guerre de la Ligue d  ’   Augsbourg (1688-1697), qui constitue le tome 1, soit 720 pages de texte (2,340 millions de signes) -   D ’ un recueil d ’ articles, qui forme le tome 2, soit 790 pages de texte (2,346 millions de signes) -   D ’ un mémoire de synthèse, constituant le tome 3, soit 183 pages de texte (383 000 signes). L ’ ensemble est complété par une sélection d ’ ouvrages que j ’ ai rédigés ou dirigés, totalement ou partiellement :  -   Caroline Le Mao, Chronique du Bordelais au crépuscule du Grand Siècle. Le Mémorial de Savignac (1708-1720) , Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, Bibliophiles de Guyenne, 2004 -   Caroline Le Mao, Parlement et parlementaires. Bordeaux au Grand Siècle  , Seyssel, Champ  Vallon, 2007, qui reprend les 1 e  et 2 e  parties de la thèse. -   Caroline Le Mao, Les Fortunes de Thémis. Vie des magistrats du Parlement de Bordeaux au Grand Siècle  , Bordeaux, FHSO, 2006, qui est tiré de la 3 e  partie de la thèse -   Caroline Le Mao (dir.), L’Aquitaine au féminin, numéro spécial de la Revue historique de Bordeaux, n° 15, 2009. -   Caroline Le Mao et Corinne Marache (dir.), Les élites et la terre  , Paris, A. Colin, 2010. -   Caroline Le Mao (dir.), Hommes et gens du Roi dans les parlements de France à l’époque moderne  , Pessac, MSHA, 2011. -   Caroline Le Mao, Les Villes portuaires maritimes dans la France moderne, Paris, Armand Colin, 2015. -   Caroline Le Mao, Philippe Meyzie (dir.), L’Approvisionnement des villes portuaires en Europe, du  XVI  e   siècle à nos jours, Paris, PUPS, 2016. Le recueil d ’ articles, qui présente douze ouvrages ou numéros de revue que j ’ ai rédigés ou dirigés, totalement ou partiellement, et contient 48 articles, témoigne des deux principales orientations de ma recherche  –   les parlements d ’  Ancien Régime et l ’ approvisionnement naval français à la fin du XVIIe siècle  –   et de l ’ ouverture de mes travaux vers d ’ autres champs historiographiques, comme l ’ histoire des femmes, l ’ Europe centrale, le Bordelais sous l ’  Ancien Régime ou les écrits du for privé. En effet, dans la continuité de ma thèse D  ’  une Régence à l  ’  autre, le parlement de Bordeaux et ses magistrats au temps de Louis XIV, que j ’ ai publiée sous la forme de deux ouvrages, mes travaux ont d ’ abord porté sur l ’ histoire des parlements d ’  Ancien Régime, que j ’ ai abordée dans le cadre d ’ articles, ou par l ’ organisation de colloques et journées d ’ étude, tandis que l ’ insertion dans un laboratoire et des réseaux de recherche dynamiques m ’ ont permis de participer à des projets très variés. Dans cette logique d ’ ouverture et de diversification, j ’ ai donc, pour le mémoire srcinal de l ’ habilitation, fait le choix d ’ un sujet totalement différent de mes précédents thèmes de recherche. Plutôt que de creuser le sillon de l ’ histoire parlementaire, j ’ ai préféré conserver mon ancrage chronologique  –   le règne de Louis XIV  –   mais procéder à un renouvellement thématique complet, en m ’ intéressant à l ’ approvisionnement naval. Étudiant l’essor de la marine de guerre sous Louis XIV, Daniel Dessert avait en effet été frappé par « ce petit monde de munitionnaires, de manufacturiers et d’administrateurs qui gravitait autour de Colbert et de ses successeurs », des hommes qui « s’occupaient de tout, monopolisant tout, avec le plein accord du ministre ». Si aujourd’hui, ces financiers sont bien connus, on ne saurait en dire de même des fournisseurs de la Marine de guerre. Qui sont-ils ? Qu’ont -ils fait ? Cet univers se limite-t- il à une dizaine d’individus gravitant dans les  plus hautes sphères du pouvoir ? La question est d’autant plus obsédante qu’en ce second XVIIe  siècle, la France se dote, en l’espace de trois décennies, d’une flotte de guerre qui se place a u deuxième voire au premier rang européen. Or, la construction d ’ un vaisseau requiert des chênes centenaires pour la coque, des pins pour les mâts, des voiles, des cordages, du goudron sans compter toutes les pièces de fer qui renforcent la structure, l’artillerie qui équipe les bâtiments , un inventaire presque sans limite de marchandises qu ’ il fallait drainer vers les arsenaux. Étudier ces fournisseurs de la Marine de guerre était donc séduisant mais imposait le choix d’une tranche chronologique. La guerre de la Ligue d’Augsbourg    s’est rapidement imposé pour plusieurs raisons : c ’ est le moment où l ’ État consacre à sa flotte des moyens sans précédent, ce qui tient au fait que la guerre de la Ligue d ’  Augsbourg est un conflit lors duquel la Marine est  appelée à jouer un rôle décisif (affrontement contre les trois puissances navales du temps, projet d ’ envahir l ’  Angleterre …  ). De plus, cette coalition de la Ligue d’Augsbourg impose à la Marine des conditions particulières de développement. En se lançant dans un conflit contre l’Angleterre et la Hollande coalisées, la France se ferme ses habituelles voies d’approvisionnement, à commencer par l’espace baltique . Il faut donc produire et fabriquer ce qu’on  ne peut plus acheter à l’extérieur, ce qui suppose qu’on se tourne presque exclusivement  vers le marché et les fournisseurs nationaux. Enfin, si l ’ on replace cette séquence chronologique dans l ’ histoire de la Marine française, étudier la guerre de la Ligue d ’  Augsbourg permet de centrer l’étude sur une période de conflit naval intense pour voir comment un systè me de création récente résiste à la pression exercée par une très forte demande, en ne comptant que sur ses propres forces. Pour répondre à ces interrogations et mener ce travail à bien, j ’ ai constitué un solide corpus documentaire, associant la correspondance active et passive du secrétariat d ’ État à la Marine, les documents relevant de l ’ ordonnancement principal et secondaire (ordres de fonds et de paiements émis par le Roi et par les intendants des arsenaux), les contrats notariés relatifs à l ’ activité des fournisseurs, et de multiples dépôts ponctuels, comme le fonds Arnoul de la BnF, la série D relative au matériel naval etc.  À partir de cette masse d ’ archives, je me suis employée à reconstituer le monde des fournisseurs dans toute sa diversité, en conservant tout au long de l’étude quelques fils rouges  : saisir l ’ approvisionnement de la flotte dans sa globalité, en ne négligeant pas les « petits » approvisionnements ; renverser les perspectives en saisissant les questions d ’ approvisionnement du point des fournisseurs et non de celui de la Marine ; étudier les interactions entre guerre et approvisionnement naval, pour voir comment, par les perturbations qu’elle pr ovoque  –   interruption des circuits traditionnels, accroissement fort et rapide de la demande …    –  , la guerre révèle des dysfonctionnements, impose de nouvelles contraintes et oblige à trouver de nouvelles réponses, promises pour certaines à un bel avenir. La première partie de ce travail pose les cadres de l’étude.  J ’ ai, dans un premier temps (chapitre I), examiné la flotte française telle qu’elle se présente au début et à la fin du conflit, tout en étudiant finement ce qu’ elle a traversé. La démarche est essentielle dans la mesure où chaque grande bataille sur mer suppose des navires à réparer, des stocks à reconstituer, tandis qu’une réorientation de la politique navale peut provoquer d’un coup un arrêt des commandes. Il faut ensuite (chapitre II) définir ce dont une flotte a besoin, en procédant à un inventaire aussi exhaustif que possible des matières et produits nécessaires, et en tâchant d’apprécier tant les quantités nécessaires que les qualités requises. Cette étude des besoins doit enfin être confrontée à celle des moyens mis à disposition pour équiper cette flotte (chapitre III), et je me suis employée à reconstituer le financement de la Marine, en évaluant les sommes mises à disposition et la manière de les ventiler. Une fois ces besoins et ces moyens définis, c’est alors que les fournisseurs peuvent entrer en scène pour s’emparer de ce march é. La deuxième partie consiste donc à les suivre dans l’exercice de leur tâche. Il faut tout d ’ abord comprendre comment on peut devenir fournisseur de la marine du Roi (chapitre IV) ; s’agit - il d’être recruté ou de se faire recruter, et dans les deux cas, comment ? Une fois le contact établi, comment se contractualise la relation et surtout, comment se forme le prix des marchandises, une donnée qui cristallise le rapport de force entre la Monarchie et ses fournisseurs. Une fois le fournisseur engagé, il doit accomplir son contrat (chapitre V), ce qui suppose qu’il soit doté des moyens pour le faire, qu’il produise une marchandise conforme aux attentes de la monarchie, pour enfin la livrer et se faire payer son dû. Dès lors, se pose une question essentielle : le métier de fournisseur de la Marine est-il rentable (chapitre VI) ? Une telle question nous a conduit à examiner les profits réalisés par les  fournisseurs, en s’attachant aux bénéfices directs et indirects, matériels ou immatériels, légitimes et légaux, ou non, sans oublier ceux qui ne firent pas de profits, ou échouèrent dans l’accomplissement de leur engagement.   C’est alors que l ’ on peut, dans une dernière partie, aller au plus près des fournisseurs pour enfin comprendre qui ils sont, combien ils sont, d’où ils viennent et pourquoi (chapitre  VII). Pèsent-ils tous d ’un même poids dans ce système complexe qu’est l’approvisionnement naval  ? Au-delà de la diversité des individus, peut-on retrouver des profils types ? De plus, pour mieux comprendre le fournisseur, il faut l’appréhender dans son rapport à l’autre (chapitr e VIII), que cet autre soit l’appareil administratif dans son ensemble, les autres fournisseurs, associés ou concurrents, ses subordonnés  –   commis, ouvriers, sous-fournisseurs  –    et enfin l’ensemble des Français, dont certains ont parfois le sentiment de subir cet approvisionnement naval qui peut interférer avec leur activité quotidienne. Et pour achever ce parcours, qui rapproche progressivement de cet individu qu’est le fournisseur de la Marine, je me suis concentré sur quelques personnages croisés au fil de ces pages (chapitre IX), qu’il s’agisse du cordier bordelais  Jean Viaut, de Pierre de Grandguillaume, du plus grand maître fondeur du temps René de Landouillette, du poudrier génois Boccony…  Dès lors, du parlement de Bordeaux à l ’approvisionnement naval, mon parcours historiographique peut apparaître pour le moins surprenant. Le mémoire d ’ego -histoire, qui constitue le tome 3 de ce dossier, a été pour moi l ’occasion de revenir sur ce cheminement . Rapprocher le parlement de Bordeaux et les fournisseurs de la Royale peut apparaître a priori artificiel, sauf à les considérer sous l ’angle du service du Roi. Servir le Roi et s ’ en servir : ce fil rouge ténu fait le lien entre les différents volets de ma recherche. Comment, pour les hommes et les femmes du temps, pour les élites en particulier, le service du Roi, sous ses formes les plus diverses, pouvait-il servir le projet d ’ une ascension sociale, l ’ espérance d ’ un sort meilleur ? Servir, au temps du Grand Roi, c ’ est « s ’ acquitter des fonctions convenables à l ’ emploi que l ’ on exerce, à la condition où l ’ on est », c ’ est « être dans quelque emploi de guerre, de magistrature, de finance…  », avec, pour exemple, le fait de « servir le roi dans ses armées (…) dans les ambassades, dans la marine, dans son Conseil, dans ses Parlements et autres cours ». Il me semble que, selon des modalités très différentes, les magistrats du parlement de Bordeaux autant que les fournisseurs de la Marine de guerre servirent le Roi, et que ce service fut loin d ’ être désintéressé. Au-delà de cette question du service du Roi, la logique de mon parcours réside moins dans une cohérence thématique que dans l ’adoption de quelques principes de recherche. Le premier est celui d ’ une étude centrée sur l ’humain, qui tâche de « tenir » à la fois l ’ individu et le groupe, de lier intrinsèquement les études de cas et les approches globales et chiffrées, de ne pas perdre l ’ homme au milieu des statistiques arides, mais de ne pas non plus faire l ’ exégèse d ’ un cas individuel, qui ne représente au fond que lui-même. Le deuxième principe est dès lors étroitement corrélé au premier, puisqu ’il s’agit du souci de l ’ administration de la preuve. Toute enquête doit être étayée par un solide corpus de documents aussi divers que possible, pour multiplier les regards sur un même phénomène, pour étudier aussi bien l ’indi  vidu que le groupe, ce qui m ’a permis de livrer aussi bien de s études de cas, que des approches prosopographiques et statistiques. Enfin, ce mémoire de synthèse a été aussi l ’ occasion pour moi de montrer comment j ’ entends prolonger ces recherches dans les années à venir, et les interactions qu ’ elles entretiennent avec mes enseignements, les travaux d'étudiants que j ’ encadre, les programmes de recherche collectifs auxquels je participe ou que je dirige, les responsabilités individuelles et collectives que j ’ exerce dans les domaines de l ’ administration, de la pédagogie et de la recherche, ou encore la manière dont je tâche d ’ insérer ces travaux dans la « société civile ».
Related Search
Advertisements
Related Docs
View more...
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks