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L AMBIOLOGIE, FORME CONTEMPORAINE DE LA RUMEUR

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L AMBIOLOGIE, FORME CONTEMPORAINE DE LA RUMEUR SIMON HAREL UNE PAROLE ÉVANESCENTE La rumeur repose sur le pouvoir d une parole évanescente. C est un constat qu il nous faut explorer avec plus de rigueur.
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L AMBIOLOGIE, FORME CONTEMPORAINE DE LA RUMEUR SIMON HAREL UNE PAROLE ÉVANESCENTE La rumeur repose sur le pouvoir d une parole évanescente. C est un constat qu il nous faut explorer avec plus de rigueur. Chaque fois qu il est question de la rumeur, on entend par là un discours qui s immisce, qui fait effraction, qui prend la forme troublante d une ambiance qui paralyse le sujet ainsi interpellé. «L objet» de la rumeur est pris au piège d un monde qui est à la fois répétitif et évanescent. On ne peut éviter la rumeur, à moins d être un véritable spartiate qui ignore les attaques insidieuses auxquelles il est soumis. Veut-il réagir de manière trop affirmative, le sujet sera accusé de délit d interprétation. «Tiens, celui-là est mal à l aise. L accusation, d où qu elle vienne, ne lui plaît pas». Et le verdict tombera: «coupable». C est que la rumeur caractérise une situation troublante: elle suppose le maintien de la présomption d innocence tout en infligeant une souffrance psychique, une peine morale qui circonscrit le champ d application du ouï-dire. Ainsi, la rumeur inaugure un dispositif rhétorique d une grande efficacité. Le système juridique, on le sait, repose sur un codex: des articles de lois, une jurisprudence sont autant de sources référentielles qui imposent une délibération méthodique où le témoignage est soumis à la rigueur d un contre-interrogatoire. Il en va autrement de la rumeur qui a comme caractéristique première d être volage. Elle met en relief des situations qui font prévaloir l imprévisibilité de la parole publique. Faut-il en déduire que la rumeur fait le jeu d accusateurs anonymes et de paranoïaques tourmentés? Qu en est-il de la rumeur aujourd hui? Possède-t-elle un grand pouvoir d évocation collectif, une acidité intrusive et dévastatrice? Sommes-nous encore à l ère de la rumeur (comme d autres peuvent parler de «fait divers»)? Je n ai pas ce sentiment tant les configurations narratives qui définissent notre relation à la rumeur ont changé d aspect de manière radicale. Bien sûr, la propagation de la rumeur est un sujet herméneutique de choix. Encore plus que le témoignage (qui repose sur l inamovibilité de la parole assermentée), la rumeur est une praxis dont la fluidité est la forme vive. Discours ambiant, la rumeur est un phénomène retors et arbitraire qui obéit aux formes subjectives de la délation. La 9 PROTÉE volume 32 numéro 3 rumeur vous tombe dessus, littéralement, véritable poisse qui vous empêche de vous sentir libre. Mais l étude de la rumeur correspond-elle en tous points au primat de l identité narrative qui impose la création d une signification à interpréter? Je ne le crois pas. La rumeur ne compose pas d emblée un récit. Elle n obéit pas à des règles factuelles qui sont posées de manière déterminée: pas de narrateur explicite, pas d auditoire dûment identifié, pas de prévisibilité des séquences narratives. En ce sens, la rumeur appartient au monde de la narration orale. Elle ne représente pas dans tous les cas un discours écrit. La rumeur, au contraire, suppose que le contenu raconté soit en grande partie indéterminé. Sur ces questions, la rumeur prend cependant ses distances avec un segment de la tradition orale qui, sous l aspect du récit légendaire, a pour rôle de transmettre un contenu fondateur. Il en va autrement de la rumeur qui appartient à une économie de la délation. À cette différence que la rumeur tout comme le bavardage se plaisent à entretenir une «ambiologie» diffuse. La délation est accusatrice. C est un discours dévoyé qui appartient à un monde hostile où le sujet est fiché, pointé du doigt, puis incarcéré. Ce sont des scénarios sombres que nous évoquons ici. La délation ne prône pas un discours diffus. Elle est au contraire sectaire et tranchante. La délation s empare de vous corps et âme. Elle ne vous laisse pas de repos, vous enferme et vous tue. En comparaison, la rumeur est un mal bénin dont on aurait tort de se plaindre. Ne constitue-t-elle pas une forme pérenne de la socialité? Ne correspond-elle pas à cette «solidarité organique» qui contribue, selon Émile Durkheim, à former la trame de la communauté? Si nous retenons l hypothèse de cette solidarité organique, on peut ajouter que la rumeur est l équivalent du Moi-peau décrit par Didier Anzieu. D un point de vue psychanalytique, le Moi-peau est une représentation mi-psychique, mi-physiologique qui contribue à former un sentiment d identité qui rappelle à bien des égards cette ambiologie dont je me fais le défenseur. À s en tenir à cette perspective, la rumeur est encore un «mal» bénin. Le bavardage, la rumeur seraient des formes artisanales de la délation. À l encontre de cette dernière qui cible son objet (sa proie) avec violence, le bavardage et la rumeur correspondent à une logique de voisinages. Tout compte fait, bavardage et rumeur appartiennent à un monde qui met à l avant-scène, de manière formelle, une logique identitaire. Ce n est pas un hasard si nous faisons appel aux représentations de la solidarité organique et du Moi-peau. Dans les deux cas, il est question d une identité et d une vérité révélées par l entremise du discours de l affect corporel et de la communauté sociale. Ainsi, la rumeur suppose la présence d un interlocuteur masqué qui assure la transmission de propos jugés secrets ou inavouables. De ce point de vue, la rumeur appartient de façon déterminante au monde du récit et privilégie la forme prolixe d un discours oral. On pourra toujours faire valoir que la rumeur s accommode de l écrit. Il reste que l énonciation de la rumeur est impersonnelle. Ainsi, la lettre anonyme est un exemple précieux de rumeur qui prend la forme d un document et parfois d une signature. Que le document soit véridique, que la signature soit falsifiée, tout cela importe peu en regard du rôle que joue la rumeur. Cette dernière incarne une ambiologie de culture orale qui fait prévaloir la transmission invérifiable de propos dits secrets. Prenons le motif de la rumeur publique qui nourrit conversations et allusions à propos de l univers de la prostitution juvénile à Québec. La presse électronique et écrite ne peut se permettre de franchir ce cap où la rumeur devient fait avéré. Le système juridique est là pour protéger le citoyen, pour assurer sans entraves la jouissance de son droit à la vie privée. On ne défend pas sa «réputation» sans raison! Cette dernière est l émanation la plus claire de ce que la rumeur altère sans relâche. Que veut dire en effet défendre sa réputation, sinon tenter de préserver une image de marque? Cette dernière n est-elle pas l incarnation d un ethos publicitaire dont le sujet fait sans relâche la réclame? Qu en est-il alors de la volume 32 numéro 3 PROTÉE 10 promotion du droit à la vie privée, à la réputation: figure qui concorde avec la position dominante d une logique identitaire? FICTION ET VÉRITÉ: LES MUTATIONS DE LA RUMEUR De façon significative, la rumeur est devenue un élément constitutif de la publicisation postmoderne de l image de marque. Plusieurs facteurs peuvent être évoqués dont la forme descriptive est néanmoins l indication d une mutation de la «rumeur». L évolution récente du discours littéraire correspond à cette tendance. Il y a peu, le journal intime, les mémoires, sans compter l autobiographie, constituaient les formes discursives d une identité «pure». On se plaisait à opposer au discours romanesque (indicateur exemplaire de fictivité) l existence de discours plus vrais que nature qui caractérisaient la mise en jeu d un référent indiscutable. Bien sûr, la comparaison est sommaire. Elle a pour seul mérite d indiquer que nos indices de fictivité bougent de manière considérable. Jusqu à tout récemment, on lisait l autobiographie comme l exemple d un discours à forte connotation de référentialité. Ainsi, la lecture de L Âge d homme nous plongeait au cœur d une subjectivité qui octroyait une large place à l inconscient, aux confessions personnelles, aux révélations sulfureuses. En somme, on lisait Leiris comme autrefois Rousseau, avec le souci de mieux connaître la «profondeur» subjective de l écrivain, le registre personnel de son roman familial, de son enfance, puis de son âge d homme. Dans cette perspective, la rumeur perdait de sa valeur intrinsèque. L autobiographie, telle que la pratiquait un Leiris, devenait une façon de désavouer le caractère diffus du discours public que représentait traditionnellement la rumeur. Quelle utilité y avait-il à colporter ragots et insinuations sur la vie «privée» d un auteur alors que ce dernier ne se gênait pas pour révéler les détails les plus personnels de sa sexualité et de sa vie amoureuse? La rumeur s en trouvait courtcircuitée. Alors que le roman était l aveu d un fort indice de fictivité (par l identification imaginaire du sujet lecteur aux scénarios narratifs mis en place), l autobiographie se caractérisait par son littéralisme. C est ainsi que l autobiographie, forme documentaire de la conscience de soi, connut ses heures de gloire. Alors même que le Nouveau Roman apparaissait, l autobiographie expérimentale d un Leiris abandonnait peu à peu le modèle confessionnel (de L Âge d homme) pour les perspectives plus nouvelles de l association libre et de l interprétation psychanalytique. Des documents ethnographiques de première main à la génétique du texte, le discours théorique contemporain manifestait un vif intérêt pour les formes diverses de la culture matérielle. Ce projet concordait avec la revalorisation du discours populaire et des lieux d énonciation des sujets subalternes. Dans ce discours critique, l indice de fictivité était encore une fois minimal. Par l historiographie de la culture populaire, il était possible de mettre un terme au discours autoritaire de la rumeur publique. Par la prise en compte des énonciateurs anonymes, des outsiders, des marginaux, la parole était offerte à des sujets autrefois relégués aux marges de l histoire officielle. Alors que la rumeur incarnait le discours diffus des manants et des prolétaires, une modification substantielle du statut de la rumeur indiquait une transformation des paradigmes d interprétation. Dans le contexte de l histoire récente du Québec, le documentaire (ou le cinéma direct) traduisait la revendication d une culture matérielle vivante et inventive. En histoire, ethnologie urbaine et sociologie de la culture, cette école de pensée (de Pierre Sansot à Michel de Certeau) combattit avec force l idéologie de la rumeur qui était perçue comme la manifestation d une pensée élitiste. La rumeur, pour ces théoriciens, traduisait un mépris sans bornes pour les tenants d une culture populaire dynamique. De leur côté, les théoriciens de la génétique du texte, dans la foulée de l école sociocritique, étudiaient des documents dont la fonction paratextuelle était autrefois négligée. Pour les généticiens du texte, la rumeur scripturaire (le paratexte) avait autant d importance que l objet esthétique. Le livre ne représentait plus un monument littéraire dont l immatérialité historique 11 PROTÉE volume 32 numéro 3 (l atemporalité) ne pouvait être remise en question. Complément de cette modification de la rumeur, cette dernière perdait sa puissance évocatrice. Le manuscrit, ce n était plus seulement le témoignage d un labeur, d une inspiration: formes imparfaites et artisanales d une intention créatrice. Le manuscrit devenait un référent digne de foi dans cette quête d une technè organisatrice de sens. Il incarnait une nouvelle rationalité qu il convenait d intégrer à nos formes contemporaines d investigation scientifique. Que ce soit la parole populaire (des prolétaires), le discours des sujets exclus (femmes, enfants) ou le paratexte littéraire, l enjeu était de rendre justice à la rumeur (en reconnaître la pertinence) tout en l insérant dans un cadre formel d analyse. La volonté de donner la parole à l informateur (anthropologique), aux mouvements autrefois marginaux (de la défense des droits des femmes à ceux des enfants), était riche en conséquences. Fait majeur, l écriture de l histoire proposait une anthropologie respectueuse des sans-voix et des sanslogis. En somme, le discours théorique avait pour fonction de contrecarrer une perception romantique de la rumeur. UN TOHU-BOHU À l entendre dans son acception traditionnelle, la rumeur est en effet un discours diffus, un tohu-bohu: diverses qualifications qui ont pour fonctions d indiquer que la rumeur est lointaine et ne possède pas d énonciateur autorisé. De la rumeur d Orléans (Edgar Morin) aux discours actuels sur les ramifications du terrorisme cybernétique, cette idée d une «parole» volatile et impure prévaut. Dans les univers de l espace propre (de l école à la prison, du réseau hospitalier à l hospice), la rumeur n existe pas ou si peu. Elle est toujours située hors les murs, comme s il fallait qu une forteresse écotopique atténue son caractère troublant, ensorcelant. À l encontre du caractère délibératif de l agora, la rumeur traduit un discours paradoxal. Elle se situe «en marge» de l histoire officielle, à l instar de la parole des prolétaires et des sans-logis. Mais le statut périphérique de la rumeur n est pas fait que d inconvénients. La rumeur est aussi le fantasme d une parole vivante. L énonciateur de la rumeur offre la promesse d une autre Loi qui mettrait un terme aux avanies anciennes. Dans la crainte qu inspire, par exemple, la rumeur politique, il y a cette idée qu un contre-discours existe, même si sa localisation n est pas déterminée. Ces deux formes, apparemment antagonistes, font de la rumeur un discours prolixe. La parole des prolétaires est «à peine» un discours que ne veulent pas entendre, encore moins reconnaître, les institutions du pouvoir. La rumeur, parce qu elle échappe à la technè politicienne, semble un discours spontané. Mais la rumeur, heureusement, ne se réduit pas au fantasme d une parole sans contrainte qui nous amènerait à y voir l idéal rousseauiste, en tous les cas utopique, d un monde naturel qui échappe aux contraintes de la délibération politique. Il y a beaucoup de naïveté dans ce dernier discours. C est ainsi, dit-on, que la rumeur précède l histoire. Elle incarne une rationalité dont la compréhension n est pas encore réalisée dans un «ordre du discours». Dans cette perspective, la rumeur est une «voix», une présence. À cette parole vivante, parfois retardataire, parfois émancipatrice, il faut cependant opposer une autre définition de la rumeur qui définit un système entropique, sans aucune propriété énonciative personnelle. La rumeur, ce ne serait plus la prise de parole des mouvements révolutionnaires et prolétaires. Sous sa forme contemporaine, elle incarnerait un bruit de fond insistant qui ne possède plus de valeur sémantique. Cette définition de la rumeur caractérise, à mon sens, les formes caricaturales du discours culturel contemporain. Le désir de recycler les formes architecturales du passé (du néovictorien à l Arts and Craft) fait de la rumeur un signe à indexer au rang de nos dictionnaires référentiels. On opposera que la rumeur n est pas un signe, qu on ne peut en définir la forme. Pourtant la rumeur est bien présente dans la mise au jour de nos mythologies contemporaines. On redoute la rumeur qui vous donne le sentiment de ne plus être actuel. volume 32 numéro 3 PROTÉE 12 Elle vous dit que le néovictorien n est plus à la mode, que votre code vestimentaire est désuet, que votre nouvel agenda électronique est déjà obsolète. Nos références ambiologiques contemporaines sont précaires, tant les anciennes «mythologies» barthésiennes cèdent le pas devant le constat d une inactualité du monde contemporain. Ce constat a été amplement développé depuis une vingtaine d années: l ère du vide, de l indifférence, de la passion narcissique a été inventoriée à l excès. Notre discours théorique privilégie toujours ce point de vue négatif qui dit l absence de communication, de signification, de réalité. À prendre pour exemple les communautés urbaines (de banlieues) qui se regroupent par affinités d âge, de statut social, de projets «de vie», la rumeur est l indication effarante d un «vous n existez plus», «vous n êtes plus conforme aux représentations de ce qui est vivant». On trouvera peut-être l expression excessive. Pourtant, la rumeur traite de ce droit de vie et de mort. Autrefois, la rumeur provenait des faubourgs des quartiers ouvriers, des repaires d insurgés. Elle faisait référence, de façon diffuse, à la menace que représentaient des communautés d exploités que l on tentait, avec difficultés, de maintenir à distance. La rumeur actuelle est ambiologique, publicitaire. Elle ne correspond plus aux critères de centralité et de périphérie qui animent nos représentations spatiales. Le citoyen d une communauté «modèle» peut bien recréer, à quarante ou soixante kilomètres d Atlanta, l idéal d un mode de vie «contemporain»; il reste que la rumeur est un acide corrosif qui condamne à la dégradation rapide toute forme de socialité. Un jour, cette banlieue ne sera plus celle où il faut habiter. L échangeur routier, si rapide, qui permet de se déplacer uptown ou downtown sera congestionné. Les services publics se dégraderont, de leur côté, par suite d une taxation minimale et du faible pouvoir de représentation civique des institutions municipales. Des populations «indésirables» (nouveaux immigrants à la recherche d une «place» dans le tissu social, habitants de quartiers limitrophes plus pauvres) contribueront à modifier ce que fut, pour un temps, l «image de marque» d une communauté modèle. Cette description banale de la déshérence d un quartier est un «lieu commun» des études urbaines. De Saint-Louis au South Bronx, nous savons, comme on dit, que les villes vivent et meurent. Dans la formulation de ce constat, les représentations spatiales ont leur importance. Mais les images de centralité et de périphérie se transforment peu à peu tant l ambiologie (forme actuelle de la rumeur) se construit selon d autres modes de figuration. Si la rumeur décrivait autrefois un monde représenté comme étranger, l ambiologie fait valoir une stratégie générique de dissolution de l identité dans son rapport singulier à un «emplacement». Revenons à cette figure banale de l habitant d une banlieue d une métropole nord-américaine. La banlieue n est même plus ici le signe de la périphérie. À vrai dire, l urban sprawl (le développement urbain anarchique) accentue le sentiment d une délocalisation du lieu. Dans le domaine des études culturelles, la référence aux Nodes et autres Internet Protocols met en valeur la représentation d un monde rhizomatique. Il suffit de lire un ouvrage sur le Los Angeles postindustriel, image d Épinal des propagandistes de la délocalisation, pour constater que l illusion de la virtualité (comme nouvelle forme de représentation des rapports spatiaux) est dominante. La ville, c est le Web: les artères urbaines sont la concrétisation (toujours imparfaite et impure) de la libre circulation de «données» cybernétiques. À s en tenir à ce point de vue, la modification de l arsenal rhétorique qui nous permet de nommer la ville n a fait que changer de cadre sémantique. Autrefois, l urban sprawl, c était le rejet d une écologie urbaine respectueuse des milieux de vie. Ce développement anarchique était comparé à la prolifération d un cancer: métastases et tumeurs composaient le portrait d une organicité laissée à ellemême. En l absence de frontières, d espaces propres, de localisations écotopiques, la ville était comparée à une «jungle» urbaine, à un arasement de l écosystème. La rumeur prenait la forme d une industrialisation débridée, d un emballement de la consommation. La 13 PROTÉE volume 32 numéro 3 rumeur industrielle (de l économie tertiaire de l aprèsguerre) répétait, à grands traits, cette figure d une altérité diffuse et bruyante. L IDENTITÉ-TERMINALE Il en va autrement aujourd hui. Les mots clés No Exit, No Entrance, Delete sont les nouveaux indices de la rumeur technicien
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