of 12

L'enfant cueilleur des mots ou l'aventure pédagogique de Combemuger ( )

0 views
All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Share
Description
Tréma Histoire, Education, Innovation L'enfant cueilleur des mots ou l'aventure pédagogique de Combemuger ( ) Hervé Terral Édition électronique URL :
Transcript
Tréma Histoire, Education, Innovation L'enfant cueilleur des mots ou l'aventure pédagogique de Combemuger ( ) Hervé Terral Édition électronique URL : DOI : /trema.1526 ISSN : Éditeur Faculté d'éducation de l'université de Montpellier Édition imprimée Date de publication : 1 septembre 2003 Pagination : ISSN : X Référence électronique Hervé Terral,, Tréma [En ligne], , mis en ligne le 13 octobre 2010, consulté le 08 mai URL : journals.openedition.org/trema/1526 ; DOI : /trema.1526 Ce document a été généré automatiquement le 8 mai Trema 1 L'enfant cueilleur des mots ou l'aventure pédagogique de Combemuger ( ) Hervé Terral «Maintenant je vous demande de me perdre et de vous trouver» F. NIETZSCHE (Ainsi parlait Zarathoustra) cité par A. Perbosc en exergue de «La Tradicion occitana», in Occitania. 1905, N 7. 1 Connaît-on aujourd'hui, dans la sphère pédagogique, Antoine Crépin (dit Antonin) Perbosc ( ), instituteur laïque et chantre de l'occilanisme littéraire et culturel? Les candidats au CAPES d'occitan / langue d'oc sans doute puisqu'il fut à leur programme d'études en 2000 et 2001! Mais, au delà? Il est, hélas, fort à parier que, si l'écrivain, célébré de son vivant à Barcelone (un recueil de contes traduits en catalan y est publié dès 1905) comme à Paris (Prix «Vignes de France» partagé avec Paul Fort, en 1932), n'est pas tout à fait oublié ainsi qu'en témoignent des rééditions récentes de ses œuvres majeures, L'Aradaet Lo libre del Campèstre, le pédagogue Perbosc appartient désormais au royaume des ombres. La forme la plus avancée de ce que Durkheim nommait en 1905 le «misonéisme» (i.e. la «haine de la nouveauté») consiste, en effet, à ignorer, délibérément ou non, ce que fut l'innovation d'hier : on est parfois assuré alors, par cet artifice ou cet oubli, d'une carrière certifiée... d'«innovateur» institutionnel. Ainsi m'a-til été donné de constater que, dans un IUFM porté à l'exaltation de ses résultats nationaux aux concours, celui de Midi-Pyrénées pour le nommer, le fait qu'un groupe de professeurs stagiaires des écoles d'une part, UN groupe de leurs formateurs d'autre part, pussent travailler... en groupe se voyait élevé vers 1998 au rang d'une nouveauté sans réserves, saluée par le Monde de l'éducation lui-même. Mais il s'agissait là d'un autre siècle... Il est vrai que l'on pouvait acheter, au même moment et à fort bas prix, auprès des «puceux» du marché Saint-Sernin de Toulouse des ouvrages de R. Cousinet (tel un exemplaire de L'Éducation nouvelle, 1950, avec une fiche de lecture à l'intérieur datant de ) issus de la Bibliothèque de feu l'école normale, portant le très officiel tampon : «Annulé»! 2 2 Dans un tel contexte, rendons donc à Perbosc ce qui est à Perbosc en large part (tant l'on n'est jamais complètement sûr que personne ne vous a quelque peu précédé 1 ) : une singulière aventure pédagogique en porte témoignage qui lui vaudra, par ailleurs, une reconnaissance pleine et entière d'ethnologue, comme l'attestent sa présence dans le Manuel de Folklore français (l re éd., 1943) de A. Van Gennep et, plus encore peut-être dans une perspective d'ensemble, la plaque apposée sur la Bibliothèque municipale de Montauban (Tarn-et-Garonne) dont il fut, au soir de sa vie, responsable : «Fondator de l'occitanisme Poèta e reformator de la lenga d'oc Pedagogue, etnografe, bibliotecari, Majoral del Felibritge (Cigala de la Libertat)» 3 Oui, Perbosc fut tout cela à la fois au risque de surprendre! Et, si l'on peut s'intéresser plus particulièrement à tel ou tel aspect d'une œuvre immense qui reste encore à découvrir 2, on ne saurait trop longtemps la dissocier en des champs dispersés sous peine d'en perdre la signification majeure : un combat culturel et politique pour «faire entrer la langue d'oc à l'école» dans un contexte où, quel que soit l'intérêt porté aux «petites patries» et autres «pays» 3, un interdit majeur demeure : seul le français est langue d'enseignement dans les écoles primaires publiques (article 14 du Règlement modèle des écoles primaires, 7 juin 1880) et, cela va sans dire, au delà (enseignement secondaire destiné alors aux élites). 1. Un lieu privilégié dans l'histoire de la pédagogie 4 A la fin du XIX e siècle, Comberouger est un petit village de Lomagne, où viennent se mêler les dialectes gascon et languedocien de l'occitan. Zone de confluence au profil bien traditionnel néanmoins : 500 âmes, des paysans surtout, des artisans et des commerçants aussi. Quand A. Perbosc en devient, en 1893, l'instituteur public des plus grands et le secrétaire de mairie (madame Perbosc devenant quant à elle l'institutrice des plus petits), il quitte ses chers côteaux du Quercy à la suite d'une obscure intervention du maire de Laguépie (où il était en poste) visant à faire obtenir l'emploi local à son... cousin : la République est ce qu'elle est même si elle souhaite alors que ses instituteurs ne soient pas nommés là même où ils sont nés sous peine de perdre leur aura et leur crédit 4! Heureuse intervention, somme toute, puisqu'elle va mettre le jeune maître, déjà Majorai du Félibrige à l'initiative de Mistral lui-même (Cigale de la Liberté, 1892) mais porté vers un Félibrige «rouge», fédéraliste, libertaire, en présence d'une Occitanie qu'il s'efforce de faire émerger de son lointain passé (celui des troubadours et des chartes fondant les bastides) et de retrouver dans la langue quotidienne du peuple 5. 5 Sans trop d'hésitation, on peut dire que, si l'arrivée à Comberouger ne fut pas du tout désirée (Perbosc parle même dans sa correspondance de «trou perdu»), elle offrit très vite le terrain, voire le terreau, où ses convictions allaient, au sens littéral, s'enraciner : Comberouger présente, en effet, cette petite différence, ce petit écart, qui permettent, chacun le sait, de s'interroger sur soi... et les autres, de se construire une identité, déjà fortement affirmée à vrai dire. Non pas seulement celle de la «petite patrie» chère aux maîtres-penseurs de la pédagogie officielle (E. Lavisse en premier lieu), Heimat à la française, quoi qu'il en soit... ouvrant sur «la plus grande France» (métropole et toutes colonies confondues dans un seul ensemble émancipateur de l'humanité tout entière), mais aussi celle de la «grande patrie» qui, pour Perbosc va prendre le nom 3 d'«occitania» 6. La toile de fond est là, obsédante, et s'impose néanmoins presque «naturellement» dans les travaux et les jours d'une communauté, dans les rires et les jeux des enfants, dans ce que les pédagogues de «l'éducation Nouvelle» vont au même moment dénommer, de façon générique, la «vie». Perbosc participe à sa façon, c'est-àdire avec indépendance, de ce vaste mouvement rénovateur de la pédagogie d'où vont sortir les Cousinet et les Freinet dans l'entre-deux-guerres. 6 Elève extrêmement brillant de l'école normale de Montauban (où il fût admis avec un 20 en composition française!), Perbosc, fils de petits métayers quercynois, est un «hussard noir de la sévérité», un «nourrisson de la République», selon les fortes acceptions de Péguy dans L'Argent (1913) 7. À ce titre, il a fait siennes les recommandations de ses mentors : la «pédagogie intuitive» défendue par F. Buisson (1878), dans le droit fil des Seminarien germaniques, et la «méthode active», prônée en Sorbonne par le titulaire de la nouvelle chaire de Science de l'éducation (au singulier alors) H. Marion (1888) doctrines relayées par la presse pédagogique nationale (Revue pédagogique ; Manuel général) et départementale (Bulletin de l'instruction primaire) : l'une et l'autre font la part belle à «l'observation», matrice de la célèbre «leçon de choses» in situ, voire à ce qui prendra nom aux lendemains de la Libération d'«étude du milieu». Le maître est, par exemple, invité à faire collectionner par les élèves roches, minéraux et plantes diverses ; plus encore, à construire de véritables petits musées scolaires qui, au demeurant, peuvent lui apporter une certaine notoriété à l'occasion d'expositions officielles ou de concours scolaires... De même est-il sollicité pour développer l'histoire locale : la monographie communale devient un genre quasi obligé (elle sera même dans les années 20 élevée à la dignité de «mémoire professionnel» dans le cadre des études de sociologie des écoles normales) Perbosc y gagnera même un prix pour celle de Lacapelle-Livron (1886). Une circulaire du 25 février 1911 sur les vertus heuristiques de cette «histoire locale», due à un éphémère ministre de l'instruction publique originaire de la Drôme, le félibre Maurice Faure, autorisera un temps quelques espoirs, chez les régionalistes divers, de voir leur cause enfin prise en considération par la République «une et indivisible» (ante , faut-il préciser!). D'autre influences intellectuelles se font sentir, plus sulfureuses, au premier rang desquelles il importe de mentionner celle du comte Léon Tolstoï, grand critique des manuels scolaires et promoteur du texte libre : ses œuvres, relatant son travail libertaire d'esprit à l'école de Iasnaïa Poliana, créée par ses soins pour ses petits moudjiks, sont traduites en français dès les années 1890, telle La liberté dans l'école, introduite en France par M. Bréal qui voit dans l'auteur un «noble et profond penseur» lors même que G. Compayré, autorité pédagogique de la période, parle d'un «Rousseau slave [...] au fond troublé et bizarre» (Revue pédagogique, 1890, 6, pp ). On peut assez légitimement penser que Perbosc eut connaissance de ces débats et fit son choix... 7 Dès 1886, Perbosc s'est prononcé dans la Tribune des Instituteurs et Institutrices de France 8 pour l'utilisation des «patois» en classe, redécouvrant en cela les remarques du linguiste M. Bréal (Quelques mots sur l'instruction publique en France, 1872) ; il se pique même de donner des devoirs «en patois» à ses élèves, il est rappelé à l'ordre par l'inspecteur J. Pouillot (1890) mais... il accède, au même moment, au Bulletin de l'instruction Primaire du Tarn-et-Garonne avec un «Toast au Quercy et à ses poètes» en langue d'oc... Parallèlement, son ami et alter ego Prosper Estieu ( ), objet de déplacements administratifs quasi annuels dans son département, l'aude, se voit, lui aussi, sanctionné pour ses plaidoyers en faveur de l'occitan dans les conférences pédagogiques 4 d'instituteurs et la revue Mont-Segur (1902) qu'ils co-animent de 1896 à Un mouvement semblable existe, remarquons-le, en Béarn et en Gascogne avec l'instituteur Sylvain Lacoste ( ) ou en Provence avec le chanoine Jean Aurouze 9, disciple du Frère Savinien (J. Lhermite). L'instituteur béarnais Jean-Victor Lalanne ( ) avait, quant à lui, déjà recueilli des contes, édités anonymement en L'érudit gersois Jean- François Bladé ( ) avait de même précédé Perbosc en Lomagne et connu le succès de plusieurs éditions parisiennes pour ses contes et poésies populaires. 2. Une expérience singulière 8 C'est le moment que choisit Perbosc pour lancer une authentique expérience pédagogique, annonciatrice des travaux ultérieurs d'un Célestin Freinet : faire collecter par ses élèves contes et chansons dans le cadre d'études dites «folkloriques», les transcrire et les analyser... après la classe (pour ne pas être sanctionné par l'inspection). Située dans le prolongement des premiers travaux de type monographique, classique de l'institutorat, l'expérience de Comberouger peut, en effet, être considérée comme une réponse délibérée, à la fois scientifique, pédagogique mais aussi politique, au processus d'acculturation clairement dénoncé dès les années Précisons toutefois qu'elle ne s'inscrit pas chez Perbosc dans une posture tournée vers la glorification d'un passé peu ou prou angélique : l'homme s'affirme comme un novateur, porté par exemple sur la photographie (à laquelle il initie le curé du village), le phonographe et la bicyclette! 9 Un programme fort et résolu émerge alors, résumé plus tard en une phrase de sa correspondance avec Estieu (27 août 1911) : «Faire entrer la langue d'oc à l'école.» Pour l'heure (en 1900), il écrit à son ami : «Si tu tiens à savoir ce que j'ai fait depuis octobre, apprends que j'ai folklorisé surtout. Et j'ai entrepris une œuvre originale que tu verras réalisée dans un an à peu près. En voici le plan : Monographie d'un village :»I. La Vie au village. 1. Autrefois 2. Aujourd'hui.»II. Le Folklore.»1. Contes populaires : Aventures merveilleuses ; contes épiques. Contes mystiques et superstitions. Contes familiers. Récits.» 2. Poésies populaires : Romances. Chansons d'amour. Chansons de travail. Chants spéciaux. Chansons pour petits enfants. Chants historiques. Récitatifs, formules, etc.» 3. Traditions et légendes.» 4. Proverbes et locutions proverbiales.»5. Devinettes populaires.» 6. Jeux populaires.» L'originalité, c'est que je ne suis que le directeur de ce travail d'équipe et que ce sont mes élèves, une quinzaine de garçons et de filles de dix à treize ans qui le font.» La première partie se déroulera sur une suite de petites monographies (100 environ) sur tous les sujets relatifs au terroir. Ce seront simplement des devoirs d'élèves bien coordonnés.»la deuxième partie est la plus avancée. On m'a recueilli jusqu'ici quatre-vingt contes, souvent informes, parmi lesquels (quelle surprise pour moi!)il y a des chefs-d'œuvre, certains inédits. Tout cela est transcrit et traduit patiemment, et le bloc augmente tous les jours (entre parenthèses, il y a jusqu'ici une quinzaine au moins de ces contes qui peuvent être publiés, et j'ai songé à la Revue des Pyrénées, à La tradition...) Pour les proverbes et les devinettes, le travail est à peu près fini : il est important. Pour les poésies populaires, ça commence ; je ne compte pas trop sur ce filon ; mais j'aurais peut-être les mêmes surprises que pour les contes.» [Je souligne] 5 Le 14 mai 1900, Perbosc réitère : «Je suis en plein dans mon folklore... et je suis de plus en plus émerveillé des contes que mes élèves recueillent, écrivent, traduisent et transcrivent avec autant de frénésie que moi-même... C'est un travail formidable pour des enfants et un travail qu'un homme ne pourrait pas faire... Je fais noter ces contes en absolu patois de Comberouger. Il y a des morceaux bien plus scatologiques [que ceux cités habituellement]. C'est à peine si nos terriens s'en doutent. Ils n'ont pas, eux, nos hypocrites pudeurs!» Le 17 août, l'enthousiasme n'est pas retombé : «La première chose qu'il te faudra faire à ton nouveau poste, ce sera de fonder une société traditionniste 11. Celle que j'ai fondée ici, la première du monde, je suppose fonctionne depuis janvier. Ses membres, au nombre de dix-huit, sont des enfants, garçons et filles, de huit à treize ans. Ce sont surtout les filles qui font d'excellentes folkloristes.» En 1906, Perbosc fera encore part de son enchantement par une belle formule : «Je suis enfantinement heureux en leur société.» 11 Si le bilan proprement monographique (la 1 re partie annoncée) demeure maigre, la collecte des ethno-textes (aujourd'hui déposés à la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse) est plus que conséquente. L'innovation pédagogique aussi. Elle s'accompagne : de la création de la «Société traditionniste» dont les statuts sont déposés le 15 janvier 1900 et qui existera jusqu'au départ de Perbosc (en octobre 1908). L'article 5 de ces derniers précise : «La société fonctionne sous la direction de l'instituteur qui fait partie du bureau avec voix prépondérante. Le bureau comprend un président, un vice-président et un secrétaire. Ces trois derniers membres [des élèves] sont élus pour un an.» 12 Perbosc envisage de créer au même moment une «Fédération des sociétés traditionnistes scolaires du canton de Verdun-sur- Garonne» (13 septembre 1900) à l'occasion d'une fête patronnée par le fondateur de la Fédération régionaliste française, le professeur marseillais Jean Charles-Brun ( ) : il s'agirait alors de «n'avoir pas l'air de faire une politique anticléricale tout en en faisant» (sic) 13 II faut affirmer, en effet, «Le Félibrige fédéraliste et libertaire» (12 septembre 1901 )... contre le Félibrige conservateur et clérical sans aucun doute. du début d'une correspondance scolaire avec les élèves des écoles d'auvillar, distante d'une vingtaine de kilomètres (Tarn-et-Garonne). 12 De tels faits ne peuvent qu'inciter à rappeler l'avis de Célestin Freinet dans L'Éducateur à propos de la déclaration du Mouvement Laïque des Cultures Régionales («Les Langues de France et l'ecole Publique», numéro commun des «Cahiers Pédagogiques de l'institut d'etudes Occitanes» et de la revue bretonne «Ar Falz»( 14 : «Il fut un temps, ou début du siècle, où l'école publique menait une lutte à mort contre les langues régionales patois. C'était le temps où les enfants n'avaient pas le droit de parier une langue maternelle, non seulement à l'école mais en récréation ou même dans la rue. L'invention du signe était le plus belle trouvaille de la scolastique d'alors. L instituteur faisait un signe sur un sou. Il s'agissait pour le possesseur du signe, de se débarrasser du sou en le donnant à un autre élève qu'il aurait surpris prononçant seulement un mot de patois.» On imagine ce qu'a pu donner ce système perfectionné de délation. Heureusement la vie se rit toujours de la scolastique, les langues régionales ne sont pas mortes ; elles refleurissent et leur enseignement officiel entre peu à peu dans la réalité de notre éducation nationale.» Nous nous en réjouissons sans réserve, et cela par principe essentiel de nos techniques.»l'ancienne pédagogie n'avait rien à demander à l'enfant et son comportement était en somme conforme à ses propres principes. Et tant que ces principes demeurent, le comportement des maîtres ne saurait être changé. Il n'est ni nécessaire ni même utile au maître qu'il connaisse la langue des enfants qu'il instruit, puisque jamais il n'aura besoin d'y recourir en classe. Il y a plus du point de vue pédagogique, il vaudrait même mieux qu'il ne la sût pas. Y a-t-il lieu de tenir compte des quelques 6 mots bretons péniblement acquis par les enfants dans la vie familiale et sociale? Je ne le crois pas, disait un Inspecteur d'académie. Mieux vaut admettre que l'enfant ne soit rien, et commencer avec lui par le commencement, comme on fait à l'école maternelle.» C'est parce qu'on nous avait dit la nécessité au contraire de commencer par le commencement que nous intégrons les langues maternelles dans nos méthodes naturelles.» Il serait même souhaitable que nos journaux scolaires fassent une part plus grande aux textes d'enfants dans leur langue maternelle...» 13 Si Freinet ne s'est jamais (à ma connaissance) revendiqué explicitement de Perbosc, il ne pouvait pas, vraisemblablement, l'ignorer 15 : quoi qu'il en soit sur ce point, la parenté objective des projets et des démarches saute aux yeux. 3. Les enjeux politiques d'une innovation pédagogique 14 Au delà de la simple collecte de contes, il convient d'appréhender combien ce travail n'est qu'une pièce dans l'activité multiple, voire dispersée, de l'auteur (animateur d'un cours d'adultes et secrétaire de mairie par ailleurs). Sa réflexion court, en effet, sur des considérations devenues très actuelles un siècle plus tard : «Le Félibrige me parait tué aux trois-quarts. Mais le traditionnisme gagne peut-être, et les idées de décentralisation aussi. Et encore la chance de voir se former les États-unis d'europe. Attention à ceci : alors refonte totale ou cataclysme. Emergeront peut-être, si des énergies le veulent, non pas la Provence, qui n'a que l'enthousiasme verbal, mais l'aquitaine, le Languedoc, la Catalogne. C'est surtout en la Catalogne que j'ai foi. Autrefois, il fallait des monts pour séparer les races. L'avenir fera peut-être des Pyrénées, au contraire, l'épine dorsale d'un État fondé sur des bases nouvelles. Mais quel poids cette Espagne... Je n'achève pas l'ébauche de ce rêve. Que de choses à dire là dessus! Une réalité domine : la plupart des langues mourront. Laquelle survivra? Il semble impossible que ce soit la n
Related Search
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks