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Les contextes du roman

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Les contextes du roman Dans un chapitre, de Mimésis, intitulé «À l hôtel de La Mole», Erich Auerbach résume ainsi la vie de Stendhal : Mais tel qu il fut, Stendhal s offrit au moment ; les circonstances
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Les contextes du roman Dans un chapitre, de Mimésis, intitulé «À l hôtel de La Mole», Erich Auerbach résume ainsi la vie de Stendhal : Mais tel qu il fut, Stendhal s offrit au moment ; les circonstances s emparèrent de lui, pour le jeter deçà et delà, lui imposer un destin particulier et inattendu. Elles le façonnèrent de telle sorte qu il fut contraint de répondre au défi de la réalité d une manière qui n avait été celle de personne avant lui. Une grande partie de l œuvre de Stendhal est en effet liée à la fois aux soubresauts qu a connus la France depuis 1789 et à la façon dont il les a vécus et perçus. C est bien sûr le cas de son roman Le Rouge et le Noir, publié en Les rendez-vous avec l histoire Quand éclate la Révolution, en 1789, Henri Beyle (le futur Stendhal) a six ans. Il est le fils de Chérubin Beyle, avocat au parlement de Grenoble, et de Caroline Gagnon. Bien que d origine bourgeoise, ses deux parents sont des royalistes convaincus, son père surtout, que Stendhal présente comme un ultra, partisan des prêtres et des nobles. Sous la Terreur, il sera d ailleurs dénoncé et emprisonné. Cela n empêche pas le jeune Henri de se sentir républicain, dès cette époque, et même républicain forcené, précise-t-il dans un livre autobiographique, Souvenirs d égotisme, écrit en Quarante ans après la Révolution, au moment où il compose Le Rouge et le Noir, il se souvient de cet engagement, ainsi qu en témoignent les allusions aux jacobins, aux soldats de 1794 (II, 21) ou à Danton qu il cite d ailleurs en exergue au roman : «La vérité, l âpre vérité». 9 La participation enthousiaste aux événements de la Révolution explique sans doute pourquoi, dès son plus jeune âge, Beyle a ressenti une profonde aversion pour son père. Mais ce n est pas la seule raison. Une double confidence dans la Vie de Henri Brulard (autre livre autobiographique, écrit en 1835) en donne une clé psychanalytique : Ma mère, madame Henriette Gagnon, était une femme charmante et j étais amoureux de ma mère [ ]. J abhorrais mon père quand il venait interrompre nos baisers. Ce rapport œdipien est transposé, de manière évidente, dans Le Rouge et le Noir, notamment dans les épisodes où se manifestent l hostilité viscérale de Julien pour son père et la tendresse toute maternelle de madame de Rênal à son égard. Après quelques années d étude, à Grenoble, Henri, âgé de seize ans, arrive à Paris, le 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799), autrement dit le lendemain du coup d état du général Bonaparte. C est le début d une carrière à la fois administrative et militaire au service du Premier Consul puis de l Empereur. Il obtient ainsi, grâce à un parent, Pierre Daru, collaborateur de Bonaparte, une place au ministère de la Guerre. En 1800, il part pour l Italie, et se trouve, en septembre, à Milan avec le grade de sous-lieutenant au VI e Dragons. Si la musique italienne, qu il découvre alors à la Scala, l enchante, la vie de garnison lui plaît si peu que, à la suite d une maladie, il démissionne de l armée, au grand désespoir de son parent. En 1806, après quelques années passées à Paris et à Marseille, il renoue cependant avec lui et part pour la Prusse ; à Brunswick (Saxe), il est nommé adjoint aux commissaires de la guerre. Trois ans plus tard, en 1809, à Vienne où il réside alors, il tombe à nouveau malade et ne peut participer à la bataille de Wagram (6 juillet 1809). De retour à Paris, il mène une vie brillante comme auditeur au Conseil d État. Pendant cette période, il partage son temps entre la capitale et Milan. Mais, en 1812, il rejoint l armée impériale, à Moscou, et fait preuve d héroïsme lors de la retraite de Russie. Son sort est désormais lié à celui de Napoléon : la chute de l Empereur entraîne, en effet, sa propre chute. À Paris, en mars 1814, il assiste à l arrivée des Alliés, et même s il adhère aux actes qui officialisent la déchéance de l Empereur, il se retrouve privé de la fonction qu il occupait et réduit à une demi-solde. Pour lui, l ère napoléonienne est finie. Il sera d ailleurs en Italie pendant les Cent Jours. C est pourquoi, à partir de 1814 et jusqu en 1830, autrement dit pendant toute la période de la Restauration, il se détache de la vie 10 politique pour se consacrer à l écriture (sous le nom de Stendhal dès 1817) et il justifie cette attitude dans Le Rouge et le Noir (II, 22) : «La politique [ ] est une pierre attachée au cou de la littérature, et qui, en moins de six mois la submerge. La politique au milieu des intérêts d imagination, c est un coup de pistolet au milieu d un concert. 1» Il faut dire qu il n apprécie guère le règne de Louis XVIII ( ), ce gros Louis xviii, écrit-il en 1832, avec ses yeux de bœuf, traîné lentement par ses six gros chevaux que je rencontrais sans cesse. Foncièrement libéral, il dénonce également le règne de Charles X ( ), et les dérives autoritaires de son premier ministre Polignac ( ) que l on retrouve évoquées dans le discours de Nerval, l incarnation probable de ce ministre dans le roman, lors de l épisode du complot (II, 23) : Tu rétabliras la monarchie en France, et tu réduiras les Chambres à ce qu était le parlement sous Louis XV. Aussi Stendhal accueille-t-il avec sympathie la révolution de juillet 1830 (les Trois Glorieuses) et en profite pour demander à Guizot, le ministre de l Intérieur, un poste de préfet qui lui sera refusé. À défaut, on le nomme consul à Livourne, mais le gouvernement autrichien dont dépend la ville, refuse cette nomination. Il doit finalement accepter un poste beaucoup moins prestigieux à Civita Vecchia. Le personnage de Julien Sorel, on le voit, ressemble au romancier lui-même, du moins il en partage les idéaux républicains, la haine de l absolutisme, l admiration pour Napoléon Bonaparte, le militaire plus que le dirigeant politique dont il a condamné le despotisme. «Grandes et terribles amours» Cette phrase de la Vie de Henry Brulard met en évidence un autre aspect essentiel de la vie de Stendhal : la quête de l amour et de la beauté. En effet, ses nombreux voyages, tant en France qu à l étranger, n ont pas toujours des motifs professionnels ou militaires ; ils 1. Neuf ans plus tard, dans La Chartreuse de Parme, Stendhal reprend la même idée, dans les mêmes termes ou presque, mais en la précisant et en la nuançant (II, 23) : La politique dans une œuvre littéraire, c est un coup de pistolet au milieu d un concert, quelque chose de grossier et auquel pourtant il n est pas possible de refuser son attention. 11 répondent souvent au plaisir esthétique de faire du «tourisme» 1 et au désir de retrouver le cadre de conquêtes amoureuses. S il réside si souvent à Milan, c est bien sûr pour assister aux opéras à la Scala, mais c est aussi parce qu il y a entretenu une liaison (orageuse) avec Angela Piertragrua, et une relation passionnée, bien que platonique, avec Métilde (Mathilde Dembovski), en Quoiqu il reconnaisse avoir connu plus d échecs que de succès amoureux, il s enorgueillit cependant d avoir vraiment été aimé par six femmes. Car, malgré un physique ingrat, il arrive à séduire. Son oncle maternel l avait d ailleurs prévenu dans sa jeunesse : On n avance dans le monde que par les femmes. Or tu es laid, mais on ne te reprochera jamais ta laideur, parce que tu as de la physionomie. En 1829, au moment où il compose Le Rouge et le Noir, il est l amant d Alberthe de Rubempré, une femme légère qui l abandonne bientôt. Une année plus tard, l année de la parution de son roman, il renoue avec une jeune fille, tout aussi légère, Giulia Rinieri, qui ne tardera pas, elle aussi, à le délaisser. Consolation en écrivant des livres. Cette autre phrase de la Vie de Henry Brulard explique pourquoi sa vocation littéraire est née de son rejet de l époque post napoléonienne et de ses amours malheureuses au moins autant que de ses joies d esthète éprouvées lors de ses différents voyages. Entre 1814 et 1830, en effet, il publie une Histoire de la peinture en Italie (1817), Rome, Naples et Florence, également en 1817 (sous le pseudonyme de Stendhal), une Vie de Rossini (1823) et surtout deux ouvrages qui lui valent une certaine notoriété : De l amour (1822), qui, sous les dehors d un traité, est en fait une longue confidence inspirée de l amour de Métilde, et Racine et Shakespeare (1823), un traité considéré comme le premier manifeste français du romantisme. Michel Crouzet, dans son introduction au roman Le Rouge et le Noir (GF, 1964), note que Stendhal, en 1830, n est guère connu que comme pamphlétaire et comme théoricien de l art ; il est comme romancier un nouveau venu, qui ne peut guère se vanter du précédent d Armance, un roman publié en 1827, incompris du public. 1. Remarquons au passage que le mot, d origine anglaise, est introduit dans notre langue par Stendhal. 12 Le Rouge et le Noir, un roman de son temps Le Rouge et le Noir est présenté comme une chronique de 1830, c est-à-dire comme une histoire du temps présent ; le romancier y a pour ambition de peindre le plus fidèlement possible une réalité sociale et politique. L intrigue s inspire, du reste, de deux faits divers récents. Le premier concerne un ancien séminariste de Grenoble, Antoine Berthet, condamné à mort et exécuté le 23 février 1829, pour avoir tiré (sans la tuer) sur Mme Michoud, une femme de 36 ans, aimable et spirituelle, qu il avait cherché à séduire. Le récit qu en fait La Gazette des tribunaux et que Stendhal a certainement lu au moment où il écrit son roman, constitue une source évidente du livre et en annonce la structure d ensemble. La présence du papier imprimé dans l église de Verrières (I, 5) peut ainsi être interprétée à la fois comme un rappel discret de cette lecture et comme une anticipation, par son contenu, de la fin du roman ; la condamnation à mort de Julien Sorel est en effet inscrite dans les derniers moments de Louis Jenrel, puisque le nom du condamné est l anagramme de son nom. Le second fait divers renvoie au procès et à la condamnation d un autre prévenu, Lafargue, un jeune ébéniste, accusé d avoir assassiné sa maîtresse en Curieusement il ne sera condamné qu à cinq ans de prison. Mais ce qui intéresse particulièrement Stendhal, dans son cas, c est la personnalité du prévenu et l affluence de la foule lors de son procès. Voici d ailleurs ce qu il écrit dans ses Promenades dans Rome (1829) : Les galeries, la cour et toutes les avenues du palais sont obstruées dès le matin par une foule avide d émotions. Après avoir noté la régularité et la délicatesse des traits de Lafargue, il ajoute : On le dirait d une classe supérieure à celle qu indique son état d ébéniste. C est cette origine et cette énergie, caractéristique des classes pauvres, qu on retrouvera dans le personnage de Julien. Le sous-titre «Chronique de 1830» incite, par ailleurs, le lecteur à rechercher les allusions à certains événements, politiques ou culturels, de l époque. Bien que ces allusions soient nombreuses, elles sont rarement explicites. Le roi régnant, par exemple, n est mentionné qu à une reprise, au dernier chapitre, quand, sur le conseil d une amie, madame de Rênal envisage d aller se jeter aux genoux du roi 13 Charles X. La date elle-même, 1830, n est signalée qu une seule fois dans le récit et une autre fois dans le titre d un chapitre (I, 22). En fait, la plupart des références sont implicites. On a vu que le Nerval du roman représentait sans doute Polignac qui fut, comme lui, ministre des Affaires étrangères. La conquête de l Algérie, décidée sous son ministère et qui s achève par la prise d Alger, en juillet 1830, est d ailleurs signalée par Mathilde au détour d une phrase (II, 14) : Il y avait plus de courage, affirme-t-elle, à se retirer seul à onze heures de l hôtel de Soissons, habité par Catherine de Médicis qu aujourd hui à courir à Alger. Mais la peinture de la société, dans le roman, ne se limite pas à la mention de ces quelques événements ou personnages politiques importants du règne de Charles X. À travers l opposition entre M. de Rênal et Valenod, Stendhal cherche à rendre compte, plus largement, du conflit politique, entre les libéraux et les ultras, qui agite la société en 1830 à la veille des Trois Glorieuses ; en outre, avec l abbé Maslon et le vicaire M. de Frilair, il met à jour et dénonce les manœuvres occultes des congrégations religieuses et des jésuites, à l intérieur même de l Église et au cœur du système judiciaire comme au sein du pouvoir politique. M. de Frilair prétend ainsi pouvoir disposer du vote de certains jurés au procès de Julien et les comploteurs ultra-royalistes appellent de leurs vœux le soutien actif et discret de l Église (II, 23) : Impossibilité, proclament-ils, de former un parti armé en France sans le clergé. [ ] Il faut tout donner au clergé. Sur le plan culturel, le roman mentionne explicitement deux événements récents. Au chapitre 28 de la seconde partie, Julien, à l Opéra, évoque devant la maréchale de Fervaques le ballet de Manon Lescaut, créé le 3 mai Mais un événement plus important est signalé au chapitre 10 de la même partie. Il s agit du succès d Hernani de V. Hugo, dont la première vient d avoir lieu, en février Au cours d un repas chez M. de La Mole, un académicien, en effet, se lance avec fureur dans une diatribe contre Hugo et sa pièce. Que cette condamnation soit proférée par un académicien n est pas un hasard ; car au terme de la bataille que la représentation d Hernani a suscitée, Hugo est devenu non seulement le chef de file des romantiques contre les tenants d un classicisme académique mais encore et surtout le représentant d une opposition libérale à la dérive autoritaire du pouvoir. Peu de jours avant la représentation, dans une préface au recueil d un jeune poète tué en duel, il n a pas hésité à déclarer : La liberté dans l art, la liberté 14 dans la société, voilà le double but auquel doit tendre d un même pas tous les esprits conséquents et logiques. [ ] La liberté littéraire est fille de la liberté politique. Stendhal, libéral lui aussi, ne peut que souscrire à cette déclaration et il devrait se réjouir du triomphe du drame romantique dont il a pressenti l avènement dans son Racine et Shakespeare (1823). Mais il n aime pas les «intrigues» de Victor Hugo et la brièveté de l épisode témoigne sans doute du peu d importance qu il accorde à sa pièce. La réception de l œuvre Le roman, publié au mois de novembre 1830, n est tiré qu à 750 exemplaires, ce qui est assez peu pour l époque. Pourtant il est immédiatement remarqué par le public et par la presse. La Gazette littéraire du 2 décembre 1830 parle ainsi d un «livre distingué» et ajoute : La chronique de M. Stendhal sera lue avec intérêt. Le Figaro, daté du 20 décembre 1830, signale, de son côté, le succès que ce livre obtient dans le monde et en loue notamment le style calme sans être mesuré, [ ] jeune, frais et plein de couleurs, avec une nuance cependant, car c est le vermillon qui domine. Le Temps reprend l idée d un style coloré pour justifier, voire tenter de résoudre, l énigme du titre : Ce style [ ] est tantôt noir jusqu au lugubre, tantôt rouge comme du sang. Les caractères ont aussi ces nuances bien marquées. De même, de nombreux critiques s accordent à reconnaître le talent du romancier et la nouveauté, pour ne pas dire le caractère révolutionnaire de l œuvre, l une des plus remarquables qui se soient produites depuis longtemps constate La Revue de Paris, à la fin de 1830 ; le livre le plus remarquable qui ait paru depuis la révolution de Juillet, s enthousiasme même Le Figaro. Mais la plupart des critiques, qui remarquent le ton satirique de l auteur, s avouent également choqués par le scepticisme voire le cynisme dont il fait preuve dans Le Rouge et le Noir. Le Journal des débats du 26 décembre 1830 affirme ainsi : «C est un observateur à froid, un railleur cruel, un sceptique méchant, qui est heureux de ne croire à rien, parce que ne croyant pas il a le droit de ne rien respecter et de flétrir tout ce qu il touche.» 15 La critique de Mérimée, pourtant ami de Stendhal, est plus radicale et plus générale encore, puisqu elle relève à la fois de l éthique et de l esthétique. Elle est développée dans une lettre qu il lui adresse en décembre 1830 : «Il y a dans le caractère de Julien des traits atroces dont tout le monde sent la vérité mais qui font horreur. Le but de l art n est pas de montrer ce côté de la nature.» Ce qu il lui reproche, comme bon nombre de critiques d alors, c est un réalisme qui engendre le désenchantement des lecteurs. M. de Stendhal, proclame Le Temps, est un désenchanteur par excellence ; il arrive à désoler son monde. La Revue de Paris déplore elle aussi que la lecture de son roman vous laisse le cœur serré et malade d un horrible désenchantement. Ce désenchantement, suscité par Le Rouge et le Noir, est aussi condamné par Balzac, un lecteur pourtant admiratif, neuf ans plus tard, de La Chartreuse de Parme. Dans une lettre du 9 janvier 1831, parlant du roman Le Rouge et le Noir, il en relève la senteur cadavérique d une société qui s éteint et précise ainsi cette condamnation : M. de Stendhal nous arrache le dernier lambeau d humanité et de croyance qui nous restait. Pour les contemporains les plus critiques, Stendhal, dans ce roman, utilise décidément un «ton» qui ne convient pas ; il détone, au sens propre du terme. Par la suite, l œuvre de Stendhal sera revendiquée aussi bien par les tenants du réalisme puis du naturalisme, comme Zola 1, que par les défenseurs d un roman psychologique plus traditionnel. Ce sera le cas du philosophe et critique Taine qui écrit dans son étude sur Stendhal (1864) : «Dans le monde infini, l artiste se choisit son monde. Celui de Beyle ne comprend que les sentiments, les traits de caractère, les vicissitudes de la passion, bref la vie de l âme [ ]. Il n aperçoit que les choses intérieures, la suite des pensées et des émotions ; il est psychologue ; ses livres ne sont que l histoire du cœur.» Le romancier Paul Bourget, dans ses Essais de psychologie contemporaine (1882) reprend la même idée en montrant qu elle rend compte parfaitement de la situation et de la psychologie de la génération de 1830, mais qu elle préfigure aussi celle de la fin du siècle : 1. Voir plus loin le chapitre consacré au réalisme dans Le Rouge et le Noir. 16
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